OSC White box
Lorsqu’un ingénieur architecte rencontre une architecte d’intérieur, il y a émules. (Il y a des bulles.) La maison mitoyenne jamboise de Tatiana Oscari en terrain de jeu. L’esthétique minimaliste en atout extérieur. Les formes cubiques comme langage commun. Les élégantes finitions en devise majeure.
Le programme s’exprime d’emblée : relier l’arrière de la maison au jardin (à l’aide d’une ouverture vitrée), créer un espace buanderie à côté de la cuisine et à l’étage, construire une salle de bain et prolonger la chambre parentale par une terrasse (pour y accueillir un spa).
La maison d’origine présente un plan plutôt typique à deux étages avec combles et petites annexes arrière ne laissant filtrer que peu de lumière. Premier geste : s’affranchir de ce qui n’a pas de sens pour repartir sur de bonnes bases afin de créer un maximum d’ouverture vers le jardin. L’une des annexes est évacuée au profit d’une large baie vitrée tandis que l’autre est remodelée afin d’intégrer les éléments techniques (dont une toilette extérieure), véritable défi lorsque le moindre espace compte.
Dans le jardin, une dalle de béton sur laquelle ont été entreposées des dallettes en bois prolonge la cuisine en terrasse.
“Quelques pas japonais mènent à un potager et à une cabane”
Vu de l’extérieur, la nouvelle façade côté jardin a des allures d’épure avec un jeu de lignes droites, de plein et de vide, de blanc et de noir, de contraste. À l’étage, un claustra prolonge l’acrotère d’un cadre vide bordé de végétaux. Cet encadrement répond au métal déployé du rez-de-chaussée, un détail de ferronnerie à la fois esthétique, mais qui permet aussi de dissimuler la ventilation de la buanderie. À l’inverse, dans la partie de la façade pleine, une simple meurtrière laisse filtrer suffisamment de lumière dans la salle de bain tout en préservant l’intimité qui sied à son usage.
Le minimalisme s’étend au choix des couleurs : la teinte claire du crépi et la zinguerie anthracite.
À l’intérieur, l’univers de Tatiana Oscari se déploie en une succession d’ambiances (a-t-on précisé qu’elle est spécialiste en éclairage?) Elle a dessiné certains revêtements muraux, aménagé le moindre recoin de la maison, l’assise créée dans l’arche de transition entre la salle à manger et le salon est l’une de ses plus subtiles trouvailles.
L’agencement des pièces traduit une réflexion à plus long terme sur l’utilisation de l’espace, en particulier de la chambre du premier étage avec sa salle de bain et terrasse attenante qui pourrait être louée comme un espace à part entière.
Cette collaboration entre architectes, étrennée sur de précédents projets, s’exporte aujourd’hui sur de nouveaux chantiers.